BALSAC a d’abord été au début des années 70 le projet d’un historien, Gérard Bouchard, qui venait de compléter son doctorat en France où il avait utilisé une nouvelle méthodologie développée en histoire sociale : la reconstitution des familles à partir des registres paroissiaux. Devenu professeur à l’UQAC, il a entrepris la construction d’un fichier de population en informatisant les naissances, mariages et décès du Saguenay—Lac-St-Jean (SLSJ) et en appliquant la méthode de reconstitution des familles pour reconstruire la population de la région sur une période de presque 150 ans soit du début du peuplement canadien-français en 1837 jusqu’à 1971. Cette première étape portant sur plus de 660 000 actes a été complétée en 1986 et a permis la réalisation de nombreux travaux d’histoire sociale et de démographie historique.

Au cours de la seconde phase, les travaux ont progressivement été étendus à toutes les régions du Québec et se sont concentrés sur les actes de mariage pour permettre la construction de ce qu’on peut appeler l’arbre généalogique du Québec et ainsi favoriser l’exploitation du fichier en génétique humaine. Le nom « BALSAC » provient d’ailleurs des lettres initiales des premières régions et sous-régions visées par les travaux d’expansion. La décision a aussi été prise de prioriser les actes catholiques à cause de la qualité et de l’exhaustivité moindres des actes protestants qui rendent très difficile leur jumelage, clé de la construction d’un fichier de population. Durant cette période, une entente avec le Programme de recherche en démographie historique (PRDH) a permis d’ajouter au fichier les mariages de la période allant du début du peuplement européen au 17e siècle à 1800. Au total, ce sont plus de 2 millions d’actes de mariage qui ont été intégrés au fichier BALSAC durant cette étape qui s’est complétée en 2011. Ces travaux d’enrichissement du fichier ont permis diverses études sur les populations régionales du Québec et la mise en place un vaste programme de recherche sur les maladies héréditaires et la génétique des populations appuyé sur une approche généalogique.

Depuis une dizaine d’années, une troisième phase de développement du fichier est en cours, sous la direction d’Hélène Vézina, démographe et professeure à l’UQAC, qui a succédé en 2010 à Gérard Bouchard. Les principaux objectifs de cette nouvelle étape sont 1) d’ajouter les naissances et les décès aux mariages pour une reconstitution familiale complète; 2) d’adapter le programme de jumelage afin de faciliter la mise en relation avec des données autres que celles de l’état civil; 3) d’étendre le réseau des collaborations pour permettre la connexion à divers types de données; 4) de faciliter l’accès aux données du fichier par la mise en place de portails Web.

C’est dans cette optique, que BALSAC a piloté, de 2013 à 2017, le projet de construction de l’Infrastructure intégrée des microdonnées historiques de la population du Québec (IMPQ) en partenariat avec le PRDH et le Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ). Ce projet a permis la mise en commun des ensembles existants de microdonnées démohistoriques sur la population québécoise (tirées de l’état civil et des recensements canadiens) ainsi que l’intégration de nouveaux jeux de données. Grâce au programme de jumelage de BALSAC, les données d’état civil et celles des recensements ont été jumelées entre elles offrant un éventail de nouvelles possibilités pour la recherche. Durant cette période, les naissances et les décès du Québec pour 1800-1849 ont été ajoutés à BALSAC dans le cadre d’une entente avec l’Institut généalogique Drouin.

Enfin, depuis 2019, BALSAC pilote un nouveau projet, i-BALSAC, visant l’intégration et la mise en relation de données généalogiques, génétiques et géographiques ainsi que le développement d’outils analytiques, statistiques et cartographiques afin d’optimiser l’exploitation de ces données.

BALSAC contient aujourd’hui près de 5 millions d’actes d’état civil sur l’ensemble du Québec. Plus de 6 millions d’individus répartis dans 2,6 millions de familles y sont répertoriés ce qui permet la reconstruction automatique des parcours individuels, des histoires familiales et des lignées généalogiques sur presque 400 ans. Le projet i-BALSAC permettra d’ajouter à BALSAC autour de 6 millions d’actes de naissance et de décès pour la période 1850-1916. Le travail s’appuie sur la reconnaissance automatique de documents manuscrits (HTR) et est réalisé en collaboration avec la firme française Teklia. Le recours à cette technologie ouvre d’immenses possibilités pour la poursuite du développement et de l’enrichissement du fichier BALSAC.

La structure institutionnelle encadrant le développement et l’exploitation du fichier BALSAC a évolué au cours des années :

  • 1976 : création à l’UQAC du Groupe de recherche SOREP (Société de recherches sur les populations).
  • 1982 : SOREP devient un groupe de recherches interuniversitaire, appuyé sur une entente de collaboration entre l’UQAC, l’Université Laval et l’Université McGill.
  • 1988 : l’Université de Montréal se joint à SOREP par le biais d’une entente de collaboration avec son Centre de recherche en droit public.
  • 1994 : SOREP devient l’IREP (Institut interuniversitaire de recherche sur les populations) auquel s’intègrent l’Université de Sherbrooke, l’Université Concordia puis, en 1996, l’Université du Québec à Montréal.
  • 1998 : scission entre l’IREP et BALSAC. Gérard Bouchard conserve toutefois la direction du Projet BALSAC.

Depuis 2010, la direction du Projet BALSAC est assurée par Hélène Vézina, professeure au Département des sciences humaines et sociales à l’Université du Québec à Chicoutimi.