Les patronymes racontent une histoire…

Le nom de famille, ou patronyme, contribue à nous définir comme individu. Il regroupe les membres d’une même famille et nous caractérise à l’extérieur de nos réseaux familiaux.

Mais pourquoi des patronymes sont plus fréquents que d’autres, à tel point qu’une rencontre entre deux Tremblay n’est pas nécessairement synonyme de party de famille? Au début de la colonie, on dénombre peu de patronymes : pour 651 individus se mariant entre 1640 et 1660, 531 patronymes différents ont été enregistrés. Certains d’entre eux s’imposeront, notamment par de fortes descendances, et deviendront des souches typiquement québécoises comme les Pelletier, Boucher et Gagnon, alors que d’autres, moins représentés, se feront par la suite plus rares, comme Guyon ou Sevestre. Les couples donnant naissance à de nombreux garçons sont favorisés puisque le patronyme se transmet de père en fils. Par contre, certains patronymes, dont ceux portés uniquement par des immigrantes[1], n’ont pas survécu au temps. Et pour ceux qui ont franchi près de 4 siècles, ce n’est pas sans heurts, la graphie pouvant aller, par exemple, de Shumph à Jomphe ou de Thibault à …

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Dès 1700, des patronymes se démarquent

Le top 5 vers 1700 composé des Gauthier, Roy, Lefebvre, Gagnon et Morin, se retrouve intégralement dans le top 15 jusqu’en 1850. À partir de 1900, le nom Lefebvre est exclu de ce palmarès, tandis que les autres y demeurent jusqu’en 2006. Seuls les Gagnon, Pelletier et Morin figurent au top 15 à toutes les périodes.

Votre patronyme est-il partagé par beaucoup de Québécois?

Le tableau 100 Patronymes par période donne la liste
des 100 noms de famille les plus fréquents à diverses époques,
ainsi que le pourcentage de la population ayant ce patronyme.

top 15

EN RAFALE
Saviez-vous que…

Les Gagnon figurent dans le top 4 des patronymes
les plus populaires au Québec depuis 1650?

Le patronyme Tremblay n’est apparu dans le top 15 qu’en 1750
pour finalement trôner au sommet du palmarès
150 ans plus tard, soit à partir de 1900?

Les Houde entreront dans le top 15 en 1750
pour chuter au 96e rang en 1800?

Des patronymes à la fois diversifiés et communs

De 500 au début de la colonie, le nombre de patronymes culmine à près de 44 000 pour un peu plus d’un million d’individus mariés autour de 1950. Malgré cette diversification du bassin patronymique, près d’une personne sur 10 porte un des 15 patronymes les plus fréquents et 3 sur 10, un des 100 plus fréquents.

graph

 

ECHANTILLON | Pour produire les résultats, 1 052 055 actes de mariage (2 064 541 individus,
conjoints au mariage) ont été consultés, ce qui représente tous les mariages catholiques célébrés
entre 1640-1660, 1690-1710, 1740-1760, 1790-1810, 1840-1860, 1890-1910 et 1940-1960
contenus dans le fichier de population BALSAC.

[1] Voir capsule sur les matronymes.