4 filles pour 1 garçon au Saguenay-Lac-St-Jean ?

FAUX.

Selon les actes de baptême tirés du Fichier BALSAC, on a enregistré entre 1842 et 1971, 202845 naissances vivantes de filles et 216622 naissances vivantes de garçons dans la région, ce qui correspond à 107 garçons pour 100 filles.

 

Dans la plupart des populations, il naît toujours plus de garçons que de filles. En moyenne, le rapport de masculinité à la naissance ou RMN (nombre de garçons par rapport au nombre de filles) se situe autour de 105%. Divers facteurs biologiques, sociaux ou environnementaux ont été avancés afin d’expliquer ce phénomène.

Au Saguenay-Lac-St-Jean, la proportion de garçons est encore plus élevée: sur les quelques 420 000 naissances survenues dans la région entre 1850 et 1971, le rapport de masculinité est de 107%. Entre 1850 et 1900, on atteignait même 109%. Les saisons semblent aussi influencer légèrement le RMN : les mois de mars et de juin sont ceux où l’on retrouve les plus fortes proportions de garçons parmi les nouveau-nés. Aussi, au sein d’une même famille, il s’avère que la probabilité que le nouveau-né soit un garçon est significativement plus élevée quand l’enfant précédent est aussi un garçon.

Une analyse de 269 noms de familles a montré des valeurs singulières pour une vingtaine de patronymes. Par exemple, on a observé des valeurs du rapport de masculinité particulièrement grandes parmi les Bonneau (136%), les Dionne (136%), les Lefebvre (136%), les Caouette (140%), les Saulnier (145%) et les Cyr (147%). À l’opposé, quelques patronymes comptent beaucoup plus de filles, comme par exemple les Morin (rapport de masculinité de 98%), les Cormier (84%) et les Labonté (77%).

Enfin, certaines variations ont été observées parmi les naissances multiples. Ainsi, on a constaté que les naissances de jumeaux (n=1923) sont plus fréquentes que les naissances de jumelles (n=1722), dans un rapport de 112%. Par contre, il y a plus de filles au total parmi les naissances de triplets (rapport de masculinité de 74%).

Les probabilités d’engendrer davantage de garçons ou davantage de filles auraient-elles une composante héréditaire? Dans la mesure où les facteurs biologiques sont probablement les principaux responsables des fluctuations du RMN d’une population à l’autre et au sein d’une même population, il est possible que certains facteurs, partiellement ou entièrement d’ordre génétique et héréditaire, aient une influence sur la détermination du sexe. Cela n’explique évidemment pas complètement les valeurs observées dans la population saguenayenne, mais il pourrait être intéressant d’explorer davantage ces phénomènes « familiaux » de masculinité ou de féminité.

 

RÉFÉRENCES:

Tremblay M, Vézina H, Houde L, 2003: Déterminants démographiques du rapport de masculinité à la naissance dans la population du Saguenay (Québec, Canada). Population, 58-3:427-439.